Plan de mobilité employeur : réussir votre démarche grâce à un défi mobilité de 2 semaines

Écrit par Tony Demeulemeester, Co-founder & COO @ Eli

27 avril 2026 · Mis à jour le 27 avril 2026 · 10 min de lecture

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Lancer un plan de mobilité employeur ressemble souvent à un marathon administratif. Diagnostic, concertation, rédaction, validation… le processus classique s’étale sur 6 à 12 mois. Pourtant, une approche différente permet d’accélérer la dynamique tout en collectant des données précieuses : le défi mobilité de 1 à 2 semaines.

Principaux enseignements

  • Le plan de mobilité employeur (PDME) est obligatoire depuis la loi d’orientation des mobilités de 2019 pour les entreprises d’au moins 50 salariés sur un même site dans les zones couvertes par un plan de déplacements urbains.
  • Le moyen le plus efficace pour amorcer un PDME consiste à organiser un défi mobilité de 1 à 2 semaines, combinant questions quotidiennes, mémos pédagogiques et actions concrètes pour les collaborateurs.
  • Ce format sert de diagnostic « vivant » des pratiques de mobilité : modes utilisés, freins perçus, coûts réels des trajets domicile travail.
  • Les bénéfices sont mesurables : diminution de la facture carburant (contexte à plus de 2 €/L), réduction des émissions de gaz à effet de serre, amélioration du bien-être et de la marque employeur.

Qu’est-ce qu’un plan de mobilité employeur (PDME) ?

Le plan de mobilité employeur PDME est un document qui se compose de deux parties : un diagnostic des mobilités générées par l’établissement et un plan d’action pour les prochaines années.
  • Il couvre l’ensemble des déplacements : trajets domicile travail des salariés, déplacements professionnels, missions, rendez-vous clients, logistique et livraisons de marchandises.
  • Le PDME a évolué depuis le plan de déplacement entreprise (PDE) des années 1980 jusqu’à sa formalisation par la loi d’orientation des mobilités, promulguée le 24 décembre 2019.
  • Son objectif environnemental principal est la réduction de l’empreinte carbone et des émissions de gaz à effet de serre, avec une cible nationale de neutralité carbone d’ici 2050 et -37,5 % d’émissions de CO2 d’ici 2030.
  • Le PDME vise à réduire les polluants atmosphériques en optimisant les déplacements liés à l’activité de l’entreprise et en favorisant les transports alternatifs à la voiture : transports en commun (bus, tram, train) et mobilités actives comme le vélo.
  • C’est aussi un outil RH et RSE : amélioration de la qualité de vie au travail, réduction du stress lié aux bouchons, contribution aux objectifs climat.


Qui est concerné et quelles sont les obligations légales ?

Depuis le 1er janvier 2020, les entreprises de plus de 50 salariés doivent intégrer la problématique de l’amélioration des mobilités quotidiennes des personnels dans leurs négociations annuelles obligatoires (NAO).
  • Les entreprises de 50 salariés et plus sur un même site situé dans une agglomération de plus de 100 000 habitants doivent élaborer un plan de mobilité employeur, qui doit être transmis à l’autorité organisatrice de la mobilité compétente.
  • En l’absence d’accord lors des NAO, l’entreprise doit formaliser un PDME. Celui-ci peut également être mis en place de manière inter-entreprises.
  • Exemple concret : une entreprise industrielle de 120 employés dans l’agglomération lyonnaise (territoire couvert par un PDU) doit soit négocier des mesures mobilité, soit déployer un PDME structuré.
  • Les entreprises de plus de 50 salariés qui ne respectent pas cette obligation ne pourront pas bénéficier du soutien technique et financier de l’ADEME.
  • Conseil : intégrez tous les sites de l’entreprise, même ceux de moins de 50 salariés, dans la démarche pour harmoniser les pratiques.

Pourquoi déployer un PDME via un défi mobilité de 1 à 2 semaines ?

Les approches uniquement « papier » génèrent peu d’adhésion. Un défi court crée une dynamique collective et ludique avec un taux de participation atteignant 70 à 80 % selon les retours terrain.
  • Le défi permet de tester en conditions réelles des solutions : venir à vélo une fois dans la semaine, remplacer un trajet de moins de 2 km par la marche, proposer le covoiturage à un collègue habitant à proximité.
  • Ce format collecte rapidement des données exploitables via des questions ciblées sur les comportements et les freins.
  • Contexte économique favorable : avec un carburant dépassant régulièrement 2 €/L depuis 2022 (tensions géopolitiques, taxes carbone), les salariés sont réceptifs à l’idée de calculer le coût réel de leurs trajets — souvent entre 150 et 200 € par mois pour 30 km aller-retour.
  • En 10 à 14 jours, l’entreprise envoie un signal clair que la mobilité est un sujet prioritaire et qu’elle écoute les contraintes du terrain.

Les étapes classiques d’un plan de mobilité employeur

Le processus d’élaboration d’un plan de mobilité employeur inclut plusieurs étapes : nomination d’un référent mobilité, diagnostic, définition des objectifs, élaboration d’un plan d’action, mise en œuvre et suivi des résultats. Ces phases s’étalent habituellement sur 6 à 12 mois, mais le défi mobilité peut s’insérer dès le départ pour accélérer la réalisation.

Nomination d’un référent mobilité

  • La direction désigne un référent (souvent RH ou services généraux) avec 10 à 20 % de son temps dédié.
  • Ses missions : piloter le diagnostic, organiser le défi (planning des questions, mémos, actions), assurer l’interface avec l’AOM et les partenaires.
  • Il suit les indicateurs clés : taux de participation, inscriptions covoiturage, trajets à vélo déclarés.

Diagnostic des mobilités

Pour élaborer un plan de mobilité efficace, il est nécessaire de réaliser un état des lieux de la mobilité dans l’entreprise, en prenant en compte les habitudes et souhaits de déplacements des collaborateurs.
  • Un état des lieux des infrastructures est nécessaire pour recenser les offres de transport disponibles : desserte en transports en commun, pistes cyclables, stationnement.
  • L’analyse des déplacements est essentielle pour étudier les habitudes de trajets domicile-travail et professionnels des salariés.
  • Le défi complète ce diagnostic via des questions comme « Quel est votre mode de transport principal ? » ou « Combien dépensez-vous par mois en carburant ? ».
  • Statistiques typiques pré-défi : 70 % voiture solo, 10 % transports en commun, 8 % covoiturage, 7 % vélo, 5 % marche.

Définition des objectifs

Fixer des objectifs chiffrés et mesurables est une étape clé dans la définition de la stratégie de mobilité.
  • Les résultats du défi (ex. : 20 % des participants testent le vélo) servent de base réaliste pour viser +5 à 10 points de part modale douce à 3 ans.
  • Objectifs environnementaux : réduction des émissions en tCO2e, amélioration de la qualité de l’air.
  • Objectifs économiques : réduction des coûts liés au stationnement et aux flottes de véhicules d’entreprise.
  • Objectifs sociaux : optimisation du temps et réduction de la congestion des infrastructures.

Élaboration du plan d’actions

L’élaboration d’un plan d’action implique d’identifier des mesures concrètes telles que le Forfait Mobilités Durables et l’incitation au vélo.
  • Incitations financières : Forfait Mobilités Durables, remboursement des abonnements de transports publics au-delà des 50 % réglementaires.
  • Équipements : abris vélos sécurisés, vestiaires, douches, bornes de recharge.
  • Organisation : télétravail, horaires décalés, semaine de 4 jours.
  • Services : plateforme de covoiturage interne, navette d’entreprise, chèque taxi pour les situations ponctuelles.


Mise en œuvre, suivi et évaluation

La mise en œuvre des actions de mobilité doit impliquer les salariés et les instances représentatives (CSE).
  • Pérennisez les actions ayant fonctionné pendant le défi : jour mensuel « Tous à vélo », communauté interne de covoitureurs.
  • Le suivi et l’évaluation des mesures de mobilité doivent être réalisés via des indicateurs clés : part modale, abonnements financés, utilisation des parkings vélos.
  • Prévoyez des enquêtes à 3 et 6 mois pour mesurer les habitudes installées.
  • Résultat type : +5 points de part modale douce sur 12 mois dans les entreprises profilées par l’OEPV.

Concevoir un défi mobilité efficace : questions, mémos, actions

La durée idéale se situe entre 7 et 14 jours, avec un rythme quotidien : 1 question, 1 mémo, 1 action.
Questions (diagnostic participatif) :
  • Quel est votre mode de transport principal pour venir au travail ?
  • Face à la hausse du carburant, avez-vous envisagé de changer de mode ?
  • Qu’est-ce qui vous freinerait le plus à adopter le covoiturage ou une mobilité douce ?
  • Combien dépensez-vous par mois en carburant pour vos trajets domicile–travail ?
Mémos (information pédagogique) :
  • Carburant à plus de 2 €/L : pourquoi les prix flambent et comment s’en affranchir
  • Le guide des mobilités douces pour vos trajets du quotidien
  • Covoiturage entre collègues : mode d’emploi pour démarrer facilement
Actions (mise en pratique) :
  • Venir au travail à vélo ou transport en commun une fois cette semaine
  • S’inscrire sur une plateforme de covoiturage domicile–travail
  • Proposer le covoiturage à un collègue habitant près de chez moi
  • Remplacer un trajet de moins de 2 km en voiture par la marche à pied ou le vélo
  • Calculer le coût réel de mes trajets domicile–travail en voiture ce mois-ci

Mesures incitatives et leviers concrets pour les déplacements domicile–travail

Le Forfait Mobilités Durables contribue au pouvoir d’achat des employés en offrant des solutions de transport. Les entreprises peuvent promouvoir les mobilités douces sur le trajet domicile–travail en mettant en place des mesures incitatives, comme le remboursement des abonnements de transports publics au-delà des 50 % réglementaires.
  • FMD : jusqu’à 900 €/an en 2025 pour vélo, trottinette, covoiturage (conducteur ou passager), cumulable avec la prise en charge transports.
  • Aides disponibles : les employeurs peuvent bénéficier d’une aide financière à hauteur de 60 % pour le diagnostic mobilité axé sur le vélo et pour l’élaboration d’un plan d’action pro-vélo.
  • Boîte à outils : il existe des aides et accompagnements disponibles sur la plateforme d’engagement collaborateurs Eli et sur la plateforme Transition écologique des entreprises pour les organisations souhaitant structurer leur projet.
  • Cas pratique : un site tertiaire de 300 usagers en région parisienne combinant aide transport à 100 %, intégration Klaxit, a enregistré +12 % de mobilités douces la première année.

FAQ sur le plan de mobilité employeur

Un plan de mobilité employeur est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?

Non. L’obligation concerne les entreprises d’au moins 50 salariés sur un même site, situées dans le périmètre d’un PDU ou d’une AOM. En dehors de ces seuils, la mise en place d’un PDME reste fortement recommandée pour des raisons économiques et environnementales — 90 % des entreprises engagées constatent un retour sur investissement via leur stratégie RSE.

Combien de temps faut-il pour mettre en place un plan de mobilité employeur complet ?

Comptez 6 à 12 mois pour une démarche complète. Cependant, un défi mobilité de 1 à 2 semaines peut être lancé très rapidement pour amorcer la dynamique et collecter les premières données au sein de l’équipe projet.

Un défi mobilité de 2 semaines suffit-il pour changer durablement les habitudes ?

Seul, non. Mais combiné à des mesures pérennes (FMD, infrastructures, organisation du travail), il catalyse une réponse collective : 30 à 50 % de rétention des nouvelles habitudes observée dans les entreprises accompagnées.

Combien coûte un plan de mobilité employeur pour l’entreprise ?

Le coût initial (diagnostic, communication) varie de 10 à 50 k€, souvent subventionné à 50-80 %. Les gains compensent rapidement : réduction des besoins en parkings, baisse de l’absentéisme, efficacité logistique accrue.

Comment motiver les salariés les plus réticents aux mobilités douces ?

Commencez par des actions très accessibles (un seul trajet à vélo dans la semaine), rassurez sur la sécurité via des guides et des mises à jour régulières, et valorisez les participants. Le rôle des managers est essentiel pour montrer l’exemple sur l’ensemble du territoire concerné.